Le syndrome de l’intestin irritable (SII) est un trouble chronique de l’interaction intestin–cerveau qui affecte la motilité de l’intestin et sa perception de la douleur. Bien qu’il ne cause ni lésion structurelle ni inflammation des intestins, il peut nuire fortement au confort, à la digestion et à la vie quotidienne. Les personnes peuvent présenter douleur abdominale, ballonnements, gaz, constipation, diarrhée ou alternances imprévisibles entre ces profils.
Le SII est l’un des troubles digestifs les plus fréquents dans le monde, touchant environ 5 à 10 % des adultes. Les femmes sont diagnostiquées environ deux fois plus souvent, et les symptômes débutent fréquemment à l’adolescence ou au début de l’âge adulte. L’affection est façonnée par plusieurs facteurs en interaction : motilité intestinale, hypersensibilité viscérale, microbiote, alimentation et stress, via l’axe intestin–cerveau.
Cet article présente la façon dont le SII est diagnostiqué (les critères de Rome IV), les mécanismes des symptômes, et les stratégies de prise en charge précises et fondées sur les données probantes (dont le régime pauvre en FODMAP en trois phases, les choix de fibres et les thérapies intestin–cerveau) utilisées en pratique clinique.